Politique fiscale en matière de cryptos : les mesures à prendre, celles à éviter, et les meilleures pratiques

2023-03-08

Points clés à retenir

  • Les secteurs innovants comme celui de la crypto s’accompagnent de nouveaux défis pour les décideurs politiques et les administrateurs fiscaux, qui doivent adapter d’anciens cadres à de nouveaux actifs, ou en créer de nouveaux de toutes pièces.

  • Des politiques fiscales adéquates, équitables et proportionnées, qui s’accompagnent de directives techniques et précises, avantagent à la fois le secteur crypto et les économies nationales.

  • Prélever des taxes sur les trades de cryptos bruts, imposer des exigences de retenue aux intermédiaires et négliger les meilleures pratiques testées dans le monde entier ne constituent pas des approches optimales pour taxer les activités liées aux actifs numériques.

De solides politiques fiscales sont essentielles à n’importe quelle économie. L’histoire des régimes fiscaux dans le monde suggère que les politiques fiscales réussies sont parvenues à trouver le juste équilibre entre efficacité et équité, une formule complexe qui dépend du contexte économique et social de chaque pays. 

Les modèles commerciaux et les secteurs innovants présentent souvent de nouveaux défis pour les décideurs politiques et les administrateurs fiscaux, les encourageant à concevoir et à appliquer des règles et directives adéquates. Ces nouveaux cadres doivent être suffisamment clairs pour permettre aux utilisateurs, aux utilisatrices et aux fournisseurs de service de rester conformes dans leurs opérations tout en stimulant l’économie grâce à l’innovation. Les actifs numériques, par exemple, offrent une multitude de cas d’utilisation novateurs grâce à leur capacité unique à détenir et transférer de la valeur sans interagir avec les intermédiaires financiers classiques. Cela implique bien entendu de nouvelles approches en matière d’imposition.

Cet article de blog expose certains principes généraux qui constituent des politiques fiscales optimales pour le secteur des crypto-actifs et met en évidence plusieurs meilleures pratiques dans le monde ainsi que les pièges à éviter lorsqu’il s’agit d’établir des règlements fiscaux pour les cryptos.

Mesures à prendre : des idées pour des politiques fiscales et une administration efficaces

Établir des cadres sur mesure 

Mesure conseillée : ajouter des dispositions spécifiques aux cryptos, qui tiennent compte de tous les nouveaux types d’activités et transactions susceptibles d’avoir lieu dans le secteur.

Justification : la création des législations fiscales existantes remonte souvent à plusieurs décennies, et il est généralement difficile de les appliquer efficacement aux actifs numériques.

Mettre l’accent sur la clarté

Mesure conseillée : fournir des règles et des conseils détaillés, techniques et précis. Si aucune législation spécifique aux cryptos n’est encore disponible, transmettre des FAQ ou des directives officielles.  

Justification : nombreux sont ceux et celles qui sont intimidé(e)s par leur déclaration d’impôts ; y ajouter les transactions crypto ne fait que compliquer la tâche. Des règles et directives détaillées seraient les bienvenues dans cette situation.

En assurer le caractère proportionnel

Mesure conseillée : prélever des taxes et établir des obligations de déclaration concernant les cryptos qui correspondent aux exigences applicables aux secteurs similaires (par exemple ceux de la finance et de la technologie), ou tout du moins qui ne sont pas plus lourdes.

Justification : éviter de freiner l’innovation en matière d’actifs numériques en rendant la conformité fiscale pour les cryptos plus coûteuse et plus fastidieuse que pour d’autres types d’activités similaires.

Équité et efficacité fiscales

Mesure conseillée : favoriser les taxes sur les plus-values réalisées au lieu des taxes sur les transactions, souvent peu économiques dans le secteur de la finance numérique.

Justification : les services liés aux actifs numériques et aux cryptos fonctionnent souvent d’une manière similaire à ceux du secteur financier, où les investissements et les actifs facilement tradables (négociables) sont pour la plupart exemptés de TVA (taxe sur la valeur ajoutée) ou de TPS (taxes sur les produits et services). Autrement, le coût fiscal les rendrait pratiquement irréalisables.

Encourager la création de politiques attrayantes 

Mesure conseillée : proposer un traitement fiscal plus avantageux pour les activités liées aux cryptos, par exemple en diminuant les taux d’imposition ou en mettant en place des exonérations sur les plus-values des cessions d’actifs numériques.

Justification : favoriser l’innovation et la croissance économique, et attirer les talents ainsi que les contribuables à forte valeur ajoutée. Les dernières décennies ont vu apparaître des aides fiscales destinées aux investissements et aux professionnels technologiques : des politiques similaires devraient concerner la crypto, qui sera à l’origine du prochain grand bouleversement technologique. 

Comment : diverses mesures politiques pertinentes ont déjà été prises dans plusieurs régions du monde, par exemple : 

i) Pas de taxe sur les plus-values de la vente de crypto-actifs pour les investisseurs ou les traders ponctuels (c’est-à-dire les traders non professionnels). Cette politique générale est notamment en vigueur à Singapour, en Belgique, en Malaisie, à Hong Kong et en Suisse.

ii) Exonération des plus-values sur les détentions à long terme. L’Allemagne et le Portugal figurent parmi les pays où a été récemment introduit ce traitement de faveur pour les crypto-actifs détenus depuis plus de 12 mois.

iii) Exonération des plus-values si elles sont inférieures à un seuil de minimis . Cette politique est par exemple appliquée au Royaume-Uni et au Brésil. 

iv) Imposition des plus-values uniquement en cas de conversion (directe ou indirecte) en devise fiat, soit non-imposition des transactions réalisées uniquement en cryptos. La France, le Portugal et l’Autriche figurent parmi les pays ayant mis en place cette approche.

Mesures à éviter : des politiques fiscales qui freinent l’innovation crypto

Imposition des transactions brutes

Ne pas prélever de taxes sur les trades de cryptos bruts : cela concerne notamment les divers frais associés à ces transactions. Il faudrait plutôt taxer les plus-values réalisées.

Justification : une telle approche impose des coûts fiscaux importants (parfois même insupportables) aux activités de trading. Tout d’abord, elle punit même les investisseurs ponctuels, qui peuvent voir leurs trades non rentables taxés, et ce même si des remboursements d’impôts sont versés ultérieurement. Deuxièmement, de telles taxes placeraient un fardeau quasiment impossible à supporter sur les épaules des market makers, qui exécutent généralement des centaines ou des milliers de transactions automatisées par jour afin de réaliser de petits gains sur de nombreux trades. À la fin de chaque période, un market maker aurait probablement une obligation fiscale beaucoup plus élevée que les gains qu’il aura récolté. En attendant, ce sont les market makers qui fournissent la liquidité essentielle à la cryptoéconomie. S’ils quittent le marché, celui-ci en prendra un coup. Les principales répercussions sont la disparition de la liquidité et des volumes locaux ainsi que l’augmentation de la volatilité, ce qui étouffe réellement les marchés crypto locaux. Une économie crypto de moindre ampleur ferait fuir les acteurs du marché, ce qui en retour provoquerait un déclin des recettes fiscales totales.      

Ces conséquences négatives en cascade ont déjà été constatées dans les juridictions où des taxes transactionnelles de ce type ont été établies. Voici les deux cas les plus probants : 

  • Indonésie : après l’entrée en vigueur en mai 2022 de taxes sur les transactions brutes (TVA de 0,11 % et impôt sur le revenu de 0,1 % retenus par les exchanges locaux), le volume de trading des exchanges crypto locaux a baissé d’environ 60 % selon les données de Coinmarketcap.

  • Inde : le volume de trading hebdomadaire des exchanges crypto locaux est passé d’environ 800 millions de dollars à 2 millions suite à la mise en place d’une taxe sur les transactions brutes (1 % de taxation à la source) en juillet 2022 (toujours selon Coinmarketcap).

Il faudrait plutôt envisager la création de taxes uniquement prélevées sur les plus-values réalisées. 

Recourir aux obligations en matière de retenue d’impôt pour assurer le respect de la législation

Ne pas mettre en place des obligations de retenue d’impôt pour les intermédiaires tels que les plateformes d’exchange. Bien qu’à première vue, cela puisse sembler être un bon moyen de faire respecter la conformité fiscale dans l’univers crypto, une telle mesure pourrait facilement nuire au secteur. 

Justification : plusieurs situations défavorables pourraient en découler.

  • Si une obligation de retenue d’impôt est imposée sur les trades, elle deviendrait dans le fond une taxe transactionnelle qui aurait les effets décrits ci-dessus.  

  • Si une obligation de retenue d’impôt est imposée sur d’autres sources de revenus, par exemple les gains de minage ou de staking, elle risque d’être inéquitable ou irréalisable. Inéquitable, car elle pourrait présupposer de manière inexacte la nature juridique de ces événements (par exemple en traitant comme un intérêt quelque chose qui ne l’est pas) ; irréalisable, car il n’y a souvent pas d’intermédiaire facilement identifiable, comme dans le cas des produits et services de DeFi.

  • Les obligations en matière de retenue d’impôt seront probablement beaucoup plus difficiles à exécuter dans le domaine des cryptos que dans d’autres secteurs. L’une des raisons de cette difficulté réside dans le fait que les retenues réelles seraient principalement réalisées en cryptos, alors qu’à quelques exceptions près, leur collecte ultérieure dans les recettes publiques devrait se faire en devise fiat. Cela crée une étape supplémentaire de conversion, ce qui ajoute non seulement une complexité importante mais aussi un obstacle potentiel, car les canaux de sortie en fiat ne sont pas toujours disponibles.

Il faudrait plutôt envisager d’utiliser les cadre de déclaration des cryptos en cours d’adoption, par exemple le CARF de l’OCDE.  

Mauvais alignement de la politique fiscale nationale sur les (bonnes) normes internationales

Ne pas ignorer les meilleures pratiques à l’international. L’élaboration des politiques fiscales concernant les cryptos n’en est qu’à ses débuts et devrait se développer considérablement dans les années à venir. Cela dit, certaines normes ont déjà commencé à être fixées dans le monde, et ces efforts ne devraient pas être ignorés. L’exonération généralisée des transactions en cryptomonnaies de la TVA/TPS en est un exemple crucial.

Justification : en rejetant des politiques aussi importantes que celle-ci, une nation se placerait probablement dans une situation de développement industriel extrêmement défavorable.

Il faudrait plutôt envisager d’intégrer les organismes internationaux où se déroulent les discussions techniques, pour exploiter plus facilement des meilleures pratiques et des règles qui sont élaborées et utilisées dans le monde entier.  

Vous souhaitez en savoir plus sur l’imposition des cryptomonnaies et sur les mesures prises par Binance pour simplifier la tâche aux utilisateurs et utilisatrices au moment de remplir leur déclaration d’impôts ? Consultez les ressources suivantes :

Comment les cryptomonnaies sont-elles imposées ?

Payer vos taxes sur les cryptomonnaies vous aide et aide toute l’industrie du Web3 : Voici comment

Présentation de Binance Tax : simplifiez votre déclaration d’impôts

Comment générer des rapports depuis Binance Tax ?

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